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Elie Hobeika: un homme a part?


Entreprenant de dresser un portrait de Elie Hobeika, Karim Pakradouni, ancien chef milicien des Kataëb qui l’a bien connu, commence par s'étonner du « sort de cet homme qui, ayant a peine 20 ans, a été transformé par la guerre de 75 d'un simple employé de banque en un homme de renseignement très influent au sein de la milice des Kataëb ».

Pakradouni n'est pas le seul a rester perplexe devant le parcours de cet homme, connu pour son ascension très rapide, pour ses changements d'alliances radicaux puis son assassinat somme toute très banal… Comme si le fait de s'etonner préventivement du « sort » de l'homme permettait de passer outre tout ce qui peut sembler incompréhensible son histoire.

On peut pourtant partir de l'hypothèse selon laquelle tous les « exploits » militaires, sécuritaires et politique de Elie Hobeika en font un chef milicien comme un autre, peut-être un peu plus doué. Mais son rôle encore obscur dans le massacre de Sabra et Chatila fait de cet homme autre chose. N'était-ce ce rôle, concentrant sur sa personne toute la responsabilité libanaise dans ce massacre, il n’aurait sans doute pas été, jusqu’à sa mort, « un homme à part ». Il l’est pourtant resté, malgré ses tentatives répétées de corriger son image de marque depuis « la fin de la guerre », malgré aussi les responsabilités officielles qu’il a exercées.

Quelque soit sa responsabilité personnelle, le massacre de Sabra et Chatila est sans doute trop lourd à porter pour ses seules épaules. L'homme était-il presque « prédestiné » a ce « sort » exceptionel ? Et si Elie Hobeika, comme beaucoup d'autres hommes aux destins hors du commun, était beaucoup plus le produit des évènements auxquels il a pris part que leur auteur ?

Un projet de biographie, se basant sur la documentation disponible et sur des témoignages inédits, susceptible de déboucher sur un projet audio-visuel.


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