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Les musiques
du martyre
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Le 3 janvier 2002 la Sûreté Générale libanaise confisquait
plusieurs dizaines de CD et de DVD au Virgin Megastore
de Beyrouth. |
Le 7 janvier, dans le tollé général, la Sûreté Générale
publiait un communiqué dans lequel elle expliquait les raisons
de cette action. Parmi elles, le fait que certains des CD
confisqués contenait des musiques incitant au suicide.
Deux jours
plus tard se tenait à Beyrouth une conférence des « Ulema
de l'islam ». Selon le quotidien An-Nahar, les discours
inauguraux de la réunion ont exprimés leur soutien aux opérations
dites « istichhadiyya », c’est-à-dire dont l’auteur
est certain de mourir en martyr.
Dans un pays comme le Liban, qui a toujours fait de
sa capacité à « concilier les contradictions »
un titre de gloire, la succession de ces deux évènements
peut sembler banale. Mais en sortant du contexte anecdotique
libanais il apparaît que les instances concernées, laïque
et religieuse, ne font rien moins que légiférer en matière
de mort, décidant ainsi quelle mort est légale et quelle
mort ne l’est pas…
Si l'on admet, suivant la Sûreté Générale, que certaines
musiques incitent au suicide, on peine à qualifier les musiques,
qui véhiculent l’esprit istichhadi sans lequel la motivation
nécessaire à la conduite des opérations du même nom ferait
défaut, rendant inconcevables ces opérations elles-mêmes.
Sous l'intitulé « Les musiques du martyre »
UMAM PRODUCTION se propose un projet d'exploration de ces
œuvres-là, de leurs mots comme de leur musiques, dont de
nombreux spécimens figurent dans ses fonds.